II. La problématique de l’eau vue par 50 personnes à l’A.E.P :
1. L’usage et l’accès à l’eau potable et courante
Consommation
Selon une étude réalisée par le PNUD, chaque personne consomme entre 150 et 300
litres d’eau par jour pour répondre à ses besoins essentiels. En se basant sur 150
litres par jour par personne, cela donne une consommation de 4200 litres par semaine
pour 4 personnes soit bien au dessus des 804 litres de dépenses d’eau perçues par
les personnes interrogées. Il apparait donc que les personnes interrogées quantifient
mal leur consommation et sous-estiment leurs dépenses en eau. La perception des
dépenses d’eau des personnes interrogées soit 804.2 litres ne correspond pas à la
réalité comme cela est montré dans les deux tableaux suivants résumant les réponses:
Taches ménagères
Nettoyage
Toilettes
Lavage du linge
Eau potable
Total
Dépenses d'une famille de 4 personnes/semaine
180 litres
360 litres
225 litres
39.2 litres
804.2
− L’usage de l’eau, pour les personnes interrogées,
se répartit comme suit :
Ménage
Hygiène corporelle
Eau potable
Autre (Agriculture, Jadrin, Piscine)
− 68% des personnes disent ne pas économiser l’eau
à leur domicile mais 40% des personnes disent économiser l’eau dans leur activité
professionnelle. Cela montre une incohérence dans l’attitude des personnes dans
leur rapport avec l’eau qui selon le lieu de sa consommation engendre une attitude
différente. Cela pourrait être lie à la difficulté de quantifier les dépenses à
la maison alors que sur le lieu de travail, un contrôle plus rigoureux est exercé.
− Pour 71% des personnes interrogées, l’eau est
assurée par l’état dont 46% n’est pas potable. 69% des personnes reçoivent l’eau
en moyenne de 100 heures par semaine. Ainsi la majorité des personnes se trouve
face à un problème de pénurie et de pollution et est obligée d’acheter en plus l’eau
nécessaire à ses besoins. Le citoyen paye en moyenne la somme de 63.4 $ / mois pour
avoir l’eau qui lui est nécessaire et qu’il obtient de l’état et/ou des camions
citernes et des sociétés qui vendent l’eau potable.
− Seulement 29% des personnes reçoivent l’eau par
d’autres voies telles que les puits artésiens, l’eau de source mise à disposition
par la municipalité qui doit être puisée.
− 42% reconnaissent que pour faire face à la pénurie,
il faudrait économiser l’eau.
-
En ce qui concerne la pollution de l’eau à l’arrivée :
− 6% de la population cible teste l’eau par des
examens réguliers dans des laboratoires, entre 1 à 4 fois par an et au coût moyen
de 20 $ par analyse.
− 34% utilise les moyens de stérilisation et de
lavage régulier de la citerne (chlore, désinfectant « citernet » ou usage du coton
comme filtre sur les robinets…).
− 28% utilise un système de filtrage (coût allant
de 20 $ à 250 $).
Ces résultats nous permettent de constater une inquiétude importante vis-à-vis de
la propreté de l’eau qui pousse la population à se protéger par tous les moyens
possibles en fonction de leur coût.
-
En ce qui concerne les eaux usées :
Seule 2% réutilise les eaux usées, ce qui montre que la population n’est ou bien
pas sensible à ce sujet ou ne dispose pas de l’information et des moyens pour recycler
l’eau.
-
En ce qui concerne la pénurie d’eau :
42% dit programmer l’usage et économiser l’eau au foyer par :
− l’utilisation du système de goutte à goutte pour
arroser les plantes.
− l’utilisation du robinet sensor pour limiter
l’usage de l’eau .
− la limitation du gaspillage (fermeture du robinet
le temps de se brosser les dents ou de se laver).
30% dit acheter des citernes d’eau auprès de services privés de livraison d’eau
pour compenser le manque d’eau.
Seulement 5% conserve l’eau de pluie pour arroser les plantations et cela au prix
d’installations coûteuses.
70% des personnes qui subissent le manque et attendent l’arrivée de l’eau du robinet
de la compagnie des eaux.
Ces chiffres démontrent que la population est affectée par le manque d’eau et doit
payer des montants additionnels à ceux payés à l’Etat afin d’obtenir la quantité
nécessaire. Cela affecte certainement le niveau de vie de la population. Les solutions
de récupération et d’économie ne sont pas appliquées de façon généralisée.