B. Situation régionale de l’Eau au Moyen Orient :

La tension la plus explosive se ressent au Proche et Moyen-Orient :

1. La Syrie

La Syrie dépend en grande partie de l'eau turque et a construit plusieurs barrages sur l'Euphrate dont le barrage Al-Thawra, à Tabqa, qui constitue la pièce maîtresse de l'aménagement de la vallée de l'Euphrate avec l'irrigation de 640 ha. Par ailleurs, la Syrie contrôle les sources du Yarmouk et les exploite aussi de plus en plus, ne laissant à la Jordanie que des quantités d'eau très limitées. L'importance des détournements ont ici d'ores et déjà sapé le projet de barrage commun syro-jordanien El-Wadha (l'unité), ne faisant que raviver les tensions.

2. La Jordanie

La Jordanie est située dans sa presque totalité dans une zone semi-aride. Seulement 6 % de sa superficie reçoit des précipitations supérieures à 300 mm/an, quantité minimum requise pour faire pousser du blé. Les eaux disponibles proviennent à l'heure actuelle pour près de moitié d'eaux de surface et pour le reste de réserves souterraines pour beaucoup d'entre elles non renouvelables.

Malgré une consommation per capita très faible, les nappes aquifères jordaniennes ont été exploitées au-delà de leur capacité critique.Le problème est accentué par le fait que l'Arabie Saoudite a aussi commencé à puiser dans une nappe que se partagent les deux pays.
Avec une population de l'ordre de 5,3 millions d'habitants en l'an 2000, le déficit en eau de la Jordanie risque d'atteindre 370 mmc/an.
(Source: http://www.h2o.net/magazine/urgences/geopolitique/conflits/proche_orient/francais/guerre_3.htm#jordanie)

3. La Palestine

Depuis 1967, 85% des ressources en eau des territoires sont sous contrôle israélien. Sur 675 millions de mètres cube d’eau, seuls 130 millions reviennent aux palestiniens. La quantité d’eau disponible pour les agriculteurs de Cisjordanie est gelée depuis 1967 : le plafond est fixé à 90-100 millions de mètres cube par an pour 400 villages. Inversement, la quantité d’eau allouée aux colonies juives a augmenté de 100% au cours des années 1980.
Si les israéliens bénéficient de l’eau courante toute l’année, les palestiniens sont victimes de coupures arbitraires, en particulier pendant l’été. Quant au prix payé par un consommateur palestinien, il est en principe le même qu’un israélien, alors que le PIB est 20 fois plus élevé en Israël qu’en Cisjordanie. En réalité l’eau est fortement subventionnée pour les colonies juives alors qu’un palestinien doit payer 4 fois plus cher qu’un colon pour y accéder. Ainsi une famille palestinienne peut dépenser plusieurs centaines de shekels/mois, alors que ses revenus n’excèdent pas 1500 NIS mensuels. (1 NIS = 0.21 euro = 1.37 FF ; 1 euro = 4,7 shekels).
(Source: www.voltairenet.org/article147613.htm)

4. La Turquie

La Turquie, par sa position, a le contrôle des 2 fleuves Le Tigre et L’Euphrate. Cela lui permet d’utiliser l’eau en premier, aux mieux de ses propres besoins agricoles et industriels. La Syrie et l’Irak sont ainsi dépendants d’un pays tiers pour une ressource vitale. Les turcs multiplient la construction de barrages (barrage Atatürk) qui assèchent leurs voisins, prétextant le développement du sud-est anatolien, ce qui va entrainer une diminution du débit de l’Euphrate à hauteur de 40% pour la Syrie et de 90% pour l’Irak
(Source: www.waternunc.com/fr/Point _pays_Turquie01.htm)

5. Le Liban (source : El-Ard):

Quatre fleuves (Litani, Oronte, Hasbani et Nahr El Kelb) principaux assurent l’approvisionnement en eau du pays. En l’absence d’études sur la situation de l’eau au Liban, des estimations approximatives ont été réalisées. Le Liban bénéficierait de 9.7 Milliards de mètres cubes de précipitation moyenne annuelle mais la quantité exploitable ne serait que de 2 Milliards de m3 en raison de l’évapotranspiration et de la mauvaise gestion de l’eau (fuites dans les canalisations, connexions illégales et vandalisme). 90% de la quantité totale des eaux exploitées proviendrait des eaux souterraines. 90% des eaux exploitées seraient utilisées pour l’irrigation et le restant pour l’usage domestique et industriel. Le Liban partage avec ses voisins la Syrie et Israël une faible partie de ses ressources en eau.

6. Cadre international

L’O.N.U. en 1997 instaure un droit international de l’eau qui n’entrera en vigueur que lorsque 35 pays auront ratifié la convention. En attendant, l’organisation mondiale a répertorié 300 zones de conflits potentiels. 1800 litiges, entre deux ou plusieurs pays qui partagent les mêmes sources d’eau, ont été enregistrés de par le monde. « Depuis novembre 2002, le droit à l'eau est reconnu officiellement au plan international comme étant un droit fondamental au même titre que le droit à la nourriture ou le droit à la santé. » Source : Henri Smets, Conseil européen du droit de l’environnement (CEDE), avril 2003 © h2o.net